Période d'inactivité pour mon cheval


Période d'inactivité pour mon cheval

« Que se passe-t-il si je ne monte pas mon cheval pendant quelque temps ? Mon cheval va-t-il perdre ses acquis ? »

Je rencontre beaucoup de personnes qui craignent la période hivernale car elles n'ont pas la possibilité de monter leurs chevaux. En effet, sans les infrastructures nécessaires, il est parfois difficile de monter son cheval car les jours sont plus courts, les terrains en mauvais état, la motivation du cavalier de loisir pas toujours là quand il pleut,...).

Dressage de base : débourrage et monte en extérieur en trois allures

Il faut distinguer deux sortes d'acquis :

  • ceux qui relèvent de l'entraînement : la musculature et l'endurance que le cheval a développé avec le travail.
    Il est évident qu'après une pause de plusieurs semaines, le cheval n'a plus la même condition physique qu'au moment où nous l'avons laissé. Il est important de reprendre le travail progressivement (avoir un programme adapté : ne pas repartir directement en randonnée pendant quatre heures par exemple). La musculature fond plus vite qu'elle ne se développe. De plus, un cheval doit travailler. Une sortie par semaine de deux heures ne correspond pas à un travail régulier. Elle entretient le plaisir de l'homme mais ne développe pas la forme physique du cheval.
  • ceux qui relèvent de la technique : débourrage, désensibilisation à différentes stimulations,.....
    Un cheval ne perd pas ses acquis techniques lorsqu'il n'est pas monté. Il est parfois nécessaire de faire un programme de révisions : vérifier que les boutons fonctionnent en liberté et à pied avant de remonter pour la première fois. C'est une question de bon sens et de sécurité. Vous pouvez laisser votre cheval au repos pendant plusieurs mois et le resseller ensuite . Le cheval islandais s'adaptera mais c'est une question d'éthique.

Les allures du cheval islandais

Le cheval islandais va entamer sa saison en se déplaçant de façon naturelle (ce qui est le plus facile pour lui).
Ensuite, il faut distinguer deux cas de figures:

  • le travail d'une allure défectueuse : Le travail spécifique réalisé pour améliorer une allure sera perdu ou presque si le cheval reste au repos pendant tout un hiver. Citons l'exemple d'un cheval qui tölt amblé, il va falloir reprendre le travail de détente et d'assouplissement pour arriver à retrouver un tölt clair.

  • le travail d'apprentissage d'une nouvelle allure ( tölt ou trot) : Un cheval à qui on a du « apprendre » le tölt ne l'aura pas perdu si vous avez arrêté le travail à un moment où l'allure était stable et régulière. Au contraire, le cheval a besoin d'une phase de repos après un tel apprentissage. Dans ce cas, il n'est pas conseillé de reprendre la saison en travaillant uniquement la dernière allure acquise, car le cheval a perdu les muscles qui lui permettaient d'avoir le résultat obtenu. L'allure recherchée sera peut être un peu moins fluide qu'elle n'était mais la remise au travail améliorera l'allure de jour en jour.
    D'une façon générale, je dirai qu'un cheval ne doit pas rester sans travailler. L'entretien du travail d'un cheval est un gage de bonne santé du cheval pour le cavalier. Par contre, il est souhaitable de raisonner son travail et donc de donner des phases de repos régulières à son cheval. De plus, le temps de travail d'un cheval quelle que soit la discipline (rando, dressage, ou autre) doit être adapté .
    Il existe toujours des solutions qui permettent de garder son cheval actif : trouver d'autres cavaliers pour le monter, profiter de l'hiver pour le mettre à l'entraînement, le laisser à disposition d'une école pour qu'il soit monté en cours, ...

Conclusion

A travers cet article, on peut voir que l'inactivité n'est pas souhaitable pour un cheval (sauf période de repos). Toutefois, je m'aperçois que souvent cette inactivité ne pose pas de problème par rapport aux besoins du cheval mais plutôt par rapport à l'angoisse du cavalier qui a peur de ne pas « maîtriser » son cheval lors de la prochaine sortie. Tant que la question d'inactivité persiste dans la tête de ces cavaliers, cela signifie qu'ils n'ont pas encore acquis les gestes de base qui leurs permettent de monter leurs chevaux en sécurité. Quand je parle de gestes de base, il peut s'agir de « technique » mais pas seulement; car n'oublions pas que le mental du cavalier est plus important que la technique.

Audrey LALLOUETTE


Retour